Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire Rassemblement National (RN), visite le salon VivaTech, au parc des expositions Paris Expo Porte de Versailles, le 19 juin 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
La route vers l'Elysée passait par le salon Vivatech ce vendredi pour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui ont arpenté sans se croiser les stands de robots et d'IA, affichant la même appétence pour ces technologies tout en trouvant le temps de s'écharper à distance sur la climatisation, en pleine canicule.
Avec chacun trois candidatures au compteur, les vétérans de la présidentielle ont su profiter de l'occasion pour prendre date sur un possible thème de campagne. "Les nouvelles technologies ne sont pas un mal absolu, elle peuvent apporter un certain nombre de réponses (...) Il y a des progrès à faire, c'est ici qu'on les trouve", a affirmé Marine Le Pen à son arrivée.
Si en plus les innovations sont françaises, c'est encore mieux. De ses deux heures de déambulation, surtout consacrées aux petites entreprises tricolores qu'elle affectionne, la patronne du Rassemblement national a surtout retenu le "parallèle extrêmement fort" avec le secteur de l'armement.
Après tout, "si on n'avait pas acheté nous-mêmes des Rafale, on ne les aurait vendu à personne", glisse-t-elle à un de ses interlocuteurs. Alors il faut pareillement miser sur l'intelligence artificielle pour "améliorer les politiques publiques" et "faire des économies". Encourager la robotisation pour "remplacer les travaux pénibles" mais pas "les travailleurs" - après avoir observé un bras articulé manipulant à l'infini un colis postal.
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire Rassemblement National (RN), visite le stand de l'éditeur français de logiciels libres Linagora au salon VivaTech, le 19 juin 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Pour résumer: "Le progrès technologique, il faut arrêter de s'y opposer". Si possible en soutenant d'abord les "pépites" made in France, pas comme certains de ses concurrents: "C'est bien de parler de souveraineté nationale, mais si vous faites comme Gabriel Attal en vous précipitant sur le stand de Microsoft, le signal pose une difficulté", lache-t-elle à l'attention de son jeune rival.
Dans les allées, la curiosité l'emporte sur le sens de la visite. Entre deux selfies, un exposant lance à un de ses collègues: "J'ai fait une photo avec Mélenchon, j'en fais une avec Le Pen. Je les collectionne, comme des Pokémon!"
Climatisation ou isolation?
A quelques enjambées à peine, le leader insoumis, féru de technologie, était lui aussi venu passer en revue les dernières nouveautés de l'IA.
Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, serre la main d'un robot humanoïde lors de sa visite au salon VivaTech, le 19 juin 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Le candidat, un des rares à gauche à s'être rendu à Vivatech, s'est plié au jeu des photos et des poignées de main.
Et, fait assez inhabituel, il a notamment serré la main de robots humanoïdes présentés par des exposants.
"On a intérêt à des robots qui peuvent aller dans des endroits où les humains ne peuvent pas aller", a lancé celui qui avait marqué les esprits par son meeting en hologramme en 2017.
Par contre, "je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'il y aurait des robots du lien social", a-t-il prévenu.
"Ce qu'on permettra de faire aux machines c'est des questions de morale et de philosophie", a-t-il développé, en citant notamment l'écrivain référence de la science-fiction, Isaac Asimov.
Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, visite le stand Agibot au salon VivaTech, le 19 juin 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Même si les démonstrations peuvent parfois faire sourire - notamment quand des robots chinois entament des pas de danse, "il faut prendre très au sérieux ce qu'ils font", a prévenu M. Mélenchon.
C'était la première visite du leader de la gauche radicale au salon Vivatech, généralement plus affilié à l'esprit macroniste.
"Je tique sur le côté fric et start-up, mais j'admire l'intelligence déployée", a reconnu le fondateur de LFI, entre une visite sur le stand du CNRS et une autre sur celui d'Airbus.
A défaut de confrontation directe, les deux ténors ont tout de même trouvé un terrain de dispute sur une technologie éprouvée: la climatisation.
Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, fait une déclaration à la presse lors de sa visite au salon VivaTech, le 19 juin 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Alors que la vague de chaleur qui frappe le pays va encore s'intensifier ce weekend, Mme Le Pen y a vu la validation du "plan massif" de climatisation qu'elle préconise, à commencer par les écoles, hôpitaux et maisons de retraite.
Depuis le grand hall réfrigéré du Parc des expositions de Paris, elle a appelé le gouvernement à "prendre une décision: oui ou non à la climatisation?"
"Il ne faut surtout pas climatiser partout. C'est une fausse solution qui aggrave le problème", lui a répondu à distance le patriarche insoumis, en préconisant plutôt l'isolation des bâtiments.
"Vous découvrez que 50% de l'humanité vit déjà sous le cagnard. On peut s'inspirer de comment ils font", a développé le natif de Tanger.

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